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A un ami épileptique 

PARASITES

illustration de Fanny

Blottie en toi, elle est là qui sommeille

Puis tel un ouragan s'éveille brusquement,

Alors tissant sa toile, rapide et inquiétante,

Elle t'isole soudain dans une sphère de ténèbres.

 

Parfois discrète ou te faisant vaciller

Zébrant ton corps par ondes successives

Elle assouvit sa faim, forte et possessive

Puis te libère enfin, te laissant épuisé.

 

Tu la maudis parfois car elle peut te trahir

Te mettant aux aguets quand tu es fatigué

Solitude provoquée, solitaire une soirée

Se sentir entouré et sans cesse rebondir.

 

N'attend pas qu'elle devienne la maîtresse de ton corps

Refuse lui de se croire en territoire conquis,

Dis-lui ton bien-être quand elle est endormie,

Apprend lui le silence et supplie-la encore.

 

Parce que tu es le jour et qu'elle est ta nuit,

N'entrave pas ta vie avec des parenthèses,

Que ton hôte s'enfuie, d'un élan, d'une traite,

Qu'il espace ses visites et se hâte de partir.

 

Quand ton cœur se fait lourd, que ton corps se fait cri,

Garde-toi d'amarrer la tristesse à ton âme,

Laisse-la dériver, perdant toute sa flamme,

Puis disparaître ; peut-être à jamais engloutie.

 

 

 

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